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Mercure atmosphérique : une décennie d’observations sur l’île Amsterdam

La publication récente d’un data paper  par une équipe de recherche incluant des scientifiques du Laboratoire Géosciences Environnement Toulouse (GET- OMP) et du Service de données de l’Observatoire Midi-Pyrénées (Sedoo – OMP) met en lumière une série unique de mesures du mercure atmosphérique sur l’île Amsterdam, l’un des endroits les plus isolés de la planète, et l’un des cinq districts des Terres australes et antarctiques françaises. Ces données soutiennent la prise de décision et l’évaluation de la Convention de Minamata, un traité international qui depuis 2017 vise à protéger la santé humaine et l’environnement contre les effets néfastes de ce métal.

Naturellement présent, le mercure est largement employé et rejeté par les activités humaines telles que la combustion du charbon ou l’orpaillage, puis transporté dans l’atmosphère à l’échelle mondiale avant de s’accumuler dans les écosystèmes. Une bioaccumulation qui peut devenir dangereuse, notamment pour les espèces marines et les êtres humains, en particulier les fœtus exposés in utero et les pêcheurs de subsistance.

L’Ile Amsterdam est une station GAW qui surveille les gaz à effet de serre (ICOS), les aérosols (AERONET) et, depuis 2012, le mercure dans le cadre du programme mondial d’observations GOS4M.

Les observations de mercure atmosphérique ont débuté en 2012 grâce au projet européen FP7 GMOS, soutenues et mises en oeuvre par l’Institut polaire français Paul-Émile Victor (IPEV – programme GMOStral). Elles se sont poursuivies avec le projet H2020 ERAPLANET, le soutien du LEFE CHAT1 CNRS-INSU, et de l’Institut universitaire de France. Les données sont librement accessibles via le pôle de données AERIS (GMOS-FR AERIS).

Ces observations continues et précises – de quelques dizaines à quelques centaines de femtogrammes par litre d’air – participent à l’évaluation des mesures réglementaires mise en place par la Convention de Minamata.  Avec le soutien du projet ANR EQUIPEX+ OBS4CLIM, de l’IPEV et des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), les équipes scientifiques travaillent à la modernisation des infrastructures et des instrumentations présentes sur l’île, en lien avec ICOS et ACTRIS. L’objectif est de mettre à profit ce site d’exception pour des expérimentations complémentaires sur l’atmosphère des moyennes latitudes de l’Hémisphère Sud à partir de 2024.

(a) Localisation de l’île d’Amsterdam (AMS) dans le sud de l’océan Indien. L’île, qui n’est habitée que par une vingtaine de membres d’équipage hivernant, est ravitaillée quatre fois par an par le RV Marion Dufresne II au départ de l’île de la Réunion (RUN). (b) Vue panoramique de l’île. (c) Collecteur de précipitations uniquement avec le RV Marion Dufresne II en arrière-plan. (d) Intérieur de l’observatoire de Pointe Bénédicte avec deux instruments Tekran pour les mesures de mercure. (e) Systèmes MerPAS pour les mesures passives de mercure. (f) Vue panoramique de l’observatoire de Pointe Bénédicte. (g) Plate-forme d’échantillonnage sur le toit.
Observatoire atmosphérique de l’île Amsterdam (37°57’S; 77°32’E) construit en 1981.© Michel RAMONET/CNRS Images

Laboratoires impliqués

  • Laboratoire Géosciences Environnement Toulouse (GET – OMP) – Tutelles : CNES / CNRS / IRD / Université Toulouse 3 Paul Sabatier
  • Service de données de l’Observatoire Midi-Pyrénées (Seedo – OMP) – Tutelles : CNRS, CNES, IRD, Météo France, Université Toulouse 3 Paul Sabatier
  • Institut des géosciences de l’environnement (IGE – OSUG) – Tutelles : CNRS, INRAE, IRD, Univ Grenoble Alpes, Grenoble INP – UGA
  • Observatoire des Sciences de l’Univers à La Réunion (OSU-R) – Tutelles : CNRS, Météo France, IRD, Université de la Réunion

Publication

Over a decade of atmospheric mercury monitoring at Amsterdam Island in the French Southern and Antarctic Lands, Magand, O., Angot, H., Bertrand, Y. et al., Scientific Data, (2023). DOI: 10.1038/s41597-023-02740-9


Contacts


Note

1 Programme national Les Enveloppes Fluides et l’Environnement – Chimie Atmosphérique


Source CNRS Terre et Univers

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