Colette Gelas, championne de haut niveau et docteure UT3

Le 3 décembre dernier, Colette Gelas, doctorante UT3, inscrite à l’école doctorale SDU2E (« Sciences de l’Univers, de l’Environnement et de l’Espace), dans la spécialité « Surfaces et interfaces continentales, Hydrologie », a soutenu sa thèse intitulée « Inversion de données PolSAR en bande P pour l’estimation de la biomasse forestière ».

Encadrée par Laurent Polidori et Ludovic Villard, ses directeurs de thèse, Colette a mené son doctorat au sein du Centre d’Etudes Spatiales de la Biosphère (CESBIO), en collaboration avec le CNES et CapGemini, financeurs dans le cadre d’un contrat CIFRE.

Pendant ces quatre années, Colette Gelas a également mené de front une activité sportive de haut niveau. Ainsi, elle a fait partie de l’équipe de France de nage avec palmes. Son quotidien s’est donc partagé entre son doctorat et son sport, deux activités particulièrement chronophages. Chaque jour, elle a su cumuler ses heures d’entraînement avec son travail au CESBIO et au centre CapGemini TS de Toulouse. Elle est même parvenue à relever quelques défis supplémentaires en donnant cours à des étudiantes et des étudiants et en suivant de nouvelles formations afin de préparer son avenir professionnel.

Découvrez cette championne de haut niveau à travers son parcours et ses motivations.

  • Pourquoi vous êtes-vous orientée vers la recherche ?

Ce n’étais pas spécialement prévu. En master 2 quand je cherchais mon stage de fin d’étude, j’ai passé un entretien au CNES qui portait déjà sur la mission BIOMASS, et une thèse était proposée dans la suite du stage. Le sujet m’a tout de suite emballée, et faire une thèse était une possibilité de continuer mon double parcours études/sport sans faire les concessions qui peuvent être demandées aux sportifs de haut niveau dans les entreprises privées.

  • Pouvez- vous nous expliquer la thématique de votre thèse ?

Ma thèse porte sur l’étude globale des forêts terrestres pour mieux comprendre le cycle du carbone. Un satellite radar, nommé BIOMASS, va être envoyé dans l’espace en 2023 avec pour objectif de cartographier les forêts. Ma thèse consistait à trouver et tester des algorithmes permettant de calculer la biomasse des forêts à partir des images radar.

  • Pourquoi avoir décidé de mener de front votre activité sportive et votre doctorat ?

Je fais partie des gens qui ont besoin de 4 heures de sport quotidiennes pour supporter une journée de cours ! Mais je suis incapable de consacrer ma vie uniquement au sport car il me manque la stimulation intellectuelle que m’apportent les études. Concilier études et sport fait partie de mon équilibre depuis le collège et me permet d’être équilibrée, sereine et confiante. J’ai toujours eu plaisir à m’entrainer, quels que soient les sacrifices que cela demande et quand je suis entrée en thèse, je faisais partie des meilleures Françaises en nage avec palmes et en sauvetage sportif. Il était donc hors de question de renoncer à cette partie de ma vie ! Ayant toujours réussi à concilier les deux, je ne me suis pas posé de questions, j’ai continué !

  • Quel est votre parcours sportif ? 

Pendant ma thèse, j’ai participé à de nombreuses compétitions nationales et internationales en nage avec palmes et en sauvetage sportif. J’ai décroché une médaille d’or et une médaille d’argent en relais en championnats du monde universitaire de nage avec palmes ainsi que plusieurs titres de championnes de France en sauvetage sportif en individuel et en relais.

  • Quels sont les points communs entre le sport de haut niveau et une thèse  ?

Le sport de haut niveau consiste à se préparer pendant 1 ans, 4 ans, ou toute une vie pour atteindre un objectif qui ne dépend pas toujours de nous. Pour cela, on s’entraîne quotidiennement, sans rien laisser au hasard, et en optimisant chaque détail.  On peut mener une thèse de la même façon. La rédaction du manuscrit est par exemple comparable à la sélection en équipe nationale et la soutenance pourrait équivaloir aux championnats du monde. Mais contrairement au sport, le résultat ne repose pas sur des incertitudes : ce que l’on va produire dépend uniquement de nous.

  • Qu’allez-vous faire désormais ?

Je vais commencer par me reposer, car ces quatre années ont été éprouvantes aussi bien physiquement que moralement. Ensuite je vais consacrer du temps à la formation de secouristes grâce à mes diplômes de monitrice. Je prévois également de faire une saison de sauveteure sur les plages landaises cet été. Et ensuite j’aimerais trouver des petits contrats en recherche, me permettant de concilier toutes mes passions : le sport, le secourisme, et la découverte de solutions à des problèmes physiques et mathématiques.

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