AWA – Astrophysique et Planétologie pour le Développement en Afrique Sub-Saharienne

Le projet AWA (Astrophysics and planetary sciences in West Africa) vient d’être sélectionné par le CNRS dans le cadre de son à l’appel à projet pour l’Afrique Sub-Saharienne, qui a conduit à plus de 220 propositions, toutes disciplines confondues. AWA regroupe une communauté de planétologues et astrophysiciens au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en France, et au Sénégal, qui ont fait l’effort de structurer depuis quelques années leurs collaborations. Ce projet implique notamment plusieurs chercheurs à l’origine de l’Initiative Africaine pour les Sciences des Planètes et de l’Espace lancée en 2017.

Terre Solide et astrophysique, les 2 items principaux d’AWA

La partie Terre Solide d’AWA a pour objectif d’étudier un potentiel cratère d’impact météoritique au Sénégal avec des jeunes chercheurs de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar récemment formés en géophysique et science des impacts à Toulouse et à Aix-en-Provence.

une tectite découverte lors d'une mission de terrain en Côte d'Ivoire (dans la main d'une vieille dame qui l'avait conservée depuis son enfance - depuis 70 ans au moins) (crédit: David Baratoux)
Une tectite découverte lors d’une mission de terrain en Côte d’Ivoire (dans la main d’une vieille dame qui l’avait conservée depuis son enfance – depuis 70 ans au moins) (crédit: David Baratoux)

Un autre volet permettra d’explorer en Côte d’Ivoire l’un des 4 champs de tectites au monde : le champ des Ivoirites, petites billes de verres formées lors de l’impact météoritique de Bosumtwi, au Ghana. Appelées « Agna » en Baoulé, ce qui signifie « gardiens de l’or », ces tectites sont fréquemment associées à des gisements d’or superficiels, exploités par les communautés d’orpailleurs de l’est de la Côte d’Ivoire. Les recherches seront menées par un doctorant ivoirien.

Enfin, AWA permettra d’étendre à l’Afrique de l’Ouest le projet de sciences participatives Vigie Cratère, qui propose au grand public de rechercher de potentielles structures d’impact.

Le second grand volet d’AWA concerne la partie astrophysique. L’une des phases clefs du projet sera l’observation d’une occultation d’étoile par un astéroïde au Sénégal et en Espagne. Les occultations stellaires par des astéroïdes sont la seule méthode pour collecter des informations sur la taille et la forme des astéroïdes, informations nécessaire à la préparation de leur survol par des missions spatiales. Cette observation entrera dans la préparation de la mission spatiale Lucy de la NASA. Ce projet fait suite aux succès engrangés avec la mission New Horizons, préparation au survol d’Arrokoth en 2018, et la mission Lucy, préparation au survol de Polymele en 2020.

Ces campagnes d’observations seront coordonnées par l’Association Sénégalaise pour la Promotion de l’Astronomie (ASPA).

Cheikh Ahmadou Bamba NIANG avec l’un des télescopes déployés pour l’observation de l’occultation par Polymele en préparation de son survol par le mission Lucy (crédit: Association Sénégalaise pour la Promotion de l’Astronomie)

Enfin le projet AWA permettra à 4 doctorants d’Afrique de l’Ouest de venir à l’Observatoire de la Côte d’Azur pour travailler avec leurs directeurs de thèse sur des projets majeurs de l’astrophysique : suivi des ondes gravitationnelles, compréhension de la formation de la voie Lactée grâce à des observations du satellite Gaïa, analyses des observations du VLT/sphère pour étudier la mort des étoiles, et développements de méthodes innovantes pour qualifier le ciel au-dessus de potentiels futurs observatoires en Afrique.

Au-delà des objectifs scientifiques, AWA est aussi le fruit de l’engagement et de la motivation exceptionnels des planétologues et astronomes africains pour le développement scientifique et économique de leur pays !

En France, le projet est porté par David Baratoux (IRD/GET), pour la partie Terre-Solide, et Eric Lagadec (CNRS/OCA) pour la partie Astronomie-Astrophysique. En Côte d’Ivoire le projet est porté par Alain Kouamelan de l’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB), au Burkina Faso par Kam Zacharie de l’Université Joseph Ki Zerbo (UJKZ) et au Sénégal par Gayane Faye de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD).

Contact

  • David Baratoux, GET/OMP, david.baratoux@get.omp.eu
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